Déclaration de M. le Haut-Commissaire de la République

15/09/2020 - Déclaration de M. le Haut-Commissaire de la République

 
 
Déclaration de M. le Haut-Commissaire de la République

Déclaration de M. le Haut-Commissaire de la République

Mesures de lutte contre l’épidémie de covid-19Mardi 15 septembre 2020

 

Chers polynésiens, Iaorana,

Comme nous nous étions engagés à le faire avec le Président du Pays, nous revenons aujourd’hui vers vous pour faire le point sur la situation de l’épidémie en Polynésie française.

Nous devons continuer à nous battre ensemble pour faire barrage à ce virus, qui touche aussi bien notre fenua que l’ensemble des territoires de notre République. C’est un phénomène mondial.

Aujourd’hui la Polynésie se trouve dans une phase de circulation du virus, ce qui n’était pas le cas auparavant et qu’il importe de contrôler.

La situation sanitaire concentre toute notre attention. Soyez assurés que nous sommes aujourd’hui plus que jamais mobilisés pour combattre avec toujours la même volonté de transparence.

La semaine dernière, nous avons déploré les deux premiers décès liés au covid-19 sur le fenua. Cela a été un choc bien sûr pour nous tous. Nous pensons aussi à la famille et à tous les proches qui ont été affectés.

Aujourd’hui, il y a 236 cas actifs et 837 personnes guéries. 16 personnes sont hospitalisées dont 4 en réanimation.

Le constat est clair, et nous l’avons déjà dit : le virus circule sur le territoire !

Mais à ce stade, nous n’avons pas de tension sur l’offre de soins, même si le nombre de patients hospitalisés augmente.

Nos capacités hospitalières ne sont pas saturées. Elles peuvent aller jusqu’à 200 lits pour accueillir les personnes hospitalisées et 60 lits en réanimation.

C’est sur ce point que nous devons être particulièrement vigilants. Nous devons continuer à ralentir la progression de ce virus. Il ne disparaîtra pas dans l’immédiat, il faut en avoir conscience. Il continuera à se diffuser et il faut absolument que nous puissions continuer à soigner dans les meilleures conditions.  C’est pour cela que nous devons A TOUT PRIX protéger ceux qui sont le plus vulnérable.

Nous sommes engagés, tous ensemble, dans un long combat dans le temps contre ce virus.

Nous devons néanmoins continuer nos efforts collectifs et inscrire les gestes barrières dans nos habitudes de vie. Ne rien lâcher !

Qu’avons-nous fait ensemble depuis le 25 août :

Puisque ce virus se diffuse plus rapidement lorsqu’on est regroupé et que la distanciation physique n’est pas respectée, nous avons décidé d’agir sur les rassemblements.

Qu’ils soient informels ou festifs (pique-nique, regroupements dans les parcs, les aires de loisirs, etc.), les rassemblements  de plus de 10 personnes demeurent interdits. Quant aux rassemblements organisés comme par exemple les manifestations sportives, ils restent soumis à une déclaration préalable.

Nous travaillons en liaison étroite avec les tavana pour que cette mesure continue d’être appliquée strictement.

Pour que l’activité économique puisse continuer tout en protégeant les clients et les salariés, nous maintenons les restrictions déjà en vigueur dans les bars et dans les restaurants. Les services de police et de gendarmerie, en lien avec les mutoi, effectuent régulièrement des contrôles lors de patrouilles qu’ils font ensemble

On constate que les entreprises, les restaurants et les hôtels, respectent ces règles. Depuis le 25 août, près de 1500 contrôles ont été effectués et le faible taux de verbalisations démontre bien le sérieux de ces professionnels et des clients.

 

Nous savons également que les rassemblements festifs sont à l’origine de clusters difficiles à maîtriser.

C’est pour cela que nous maintenons fermés les discothèques et les pistes de danse.

Le masque reste aujourd’hui notre meilleur outil pour faire barrière à la contagion. Nous devons continuer à le porter dans les lieux clos et à l’extérieur dans les espaces très fréquentés. Nous avons d’ailleurs pris très rapidement des arrêtés avec les tavana pour rendre obligatoire le port du masque dans certains quartiers.

Les communes sont comme toujours au cœur de notre dispositif. L’activation des plans communaux de sauvegarde permet une action ciblée au plus près de la population. Les tavana ont immédiatement mobilisé leurs équipes pour agir sur le terrain et aller au contact direct dans les quartiers touchés. Je me suis rendu dans plusieurs communes de Tahiti.

J’ai pu observer la mobilisation des agents communaux, des mutoi, des brigades sanitaires, mais aussi des jeunes gens engagés par les municipalités pour sensibiliser la population à l’importance des gestes barrières et du port du masque.

Aujourd’hui, ces mesures portent leurs fruits. La population les respecte en grande majorité. Et je tiens à remercier toutes les personnes, qui ont compris l’intérêt de changer leurs habitudes. Je remercie les confessions religieuses de leur appui pour adapter leurs organisations et leurs pratiques.

En effet, nous n’avons pas de nouveaux clusters issus de ces lieux de vie publics.

Même si ces mesures sont respectées, nous devons néanmoins garder le cap et les maintenir parce qu’elles contribuent à éviter une diffusion trop rapide et incontrôlée de l’épidémie.

Pour cette raison, nous avons décidé avec le Président du Pays, de prolonger ces mesures jusqu’au 15 octobre.

Bien sûr de nouvelles mesures pourront être prises avant cette date si nous observions une aggravation de la situation liée notamment à la saturation de l’offre de soins.

Aujourd’hui, ce qui pose le plus problème ce sont les pratiques qui ont lieu dans la sphère privée : à la maison, chez des amis, lors d’anniversaires, lors de mariages, entre copains de quartier…

Plusieurs foyers de contamination se sont développés ces dernières semaines à ces occasions.

Récemment, dans un quartier fortement peuplé, la veille sanitaire a procédé à un prélèvement de masse sur plus de 400 personnes. Plus de 100 d’entre elles étaient positives, et pour la plupart, elles n’avaient pas de symptômes. 

Cette diffusion du virus s’est produite dans des regroupements pour la plupart amicaux, sans débordement, mais sans doute en trop grand nombre et où la vigilance s’est relâchée en matière de gestes barrières.

Dans ce genre d’événements, on se sent protégé car nous sommes avec NOS proches, et bien NON, c’est un faux sentiment de sécurité !

N’oublions pas que sans symptômes apparents nous pouvons être porteurs et transmetteurs de la maladie. C’est cela le plus dangereux.

Même si notre famille, nos amis ou nos voisins ne présentent aucun signe de la maladie, ils peuvent être asymptomatiques et nous transmettre, sans le savoir, ce virus.

Nous pouvons donc être contaminés et contaminants sans le savoir et il nous faut donc rester vigilants à chaque instant, même dans nos activités de la vie privée.

Ce ne sont pas les rassemblements familiaux qui sont en cause, mais ce sont les comportements moins vigilants durant ces regroupements privés qui peuvent poser problème.

Ce que nous interdisons dans l’espace public ne doit pas se retrouver dans la sphère privée, lors des événements festifs à la maison sans précaution.

Tous les efforts consentis seraient alors inutiles et, pire, pourraient nous amener à prendre des mesures encore plus restrictives alors que cela peut être évité.

Nous ne sommes pas là pour donner des leçons.

Ce n’est pas une question de morale, mais c’est une question de santé et de vie, pour nos familles, nos anciens, nos amis.

C’est pour cela que nous faisons également appel à votre responsabilité individuelle, à votre solidarité culturelle et polynésienne.

C’est une responsabilité collective, surtout en cette période de vacances scolaires propices aux retrouvailles familiales. En respectant les règles, on se protège soi-même mais surtout on protège les autres.

Nous devons veiller au respect de ces disciplines pour nous protéger collectivement et ne pas devoir contraindre encore plus notre quotidien et l’activité économique qui nous fait vivre.

 

Aujourd’hui, ce sont principalement des jeunes qui sont touchés.

Ce que nous devons éviter, c’est que ce virus atteigne les personnes les plus fragiles : nos parents, nos grands-parents, nos amis, déjà affaiblis par d’autres maladies.

Notre responsabilité à tous, c’est de les protéger.

Et dans cette tâche, nous devons nous mobiliser pour une action collective : les communes qui effectuent un travail remarquable au plus près du terrain à travers leurs Plans communaux de sauvegarde, les services du Pays et ceux de l’État.

Nous devons cibler nos actions, agir dans les quartiers qui sont les plus fragiles pour aider leur population à mieux comprendre les mécanismes de contamination et ainsi à mieux réagir pour se protéger. Nous devons cibler et agir dans ces zones d’actions prioritaires.

Il convient d’avoir de véritables équipes de choc avec des emplois aidés (CAE) pour appuyer les équipes municipales dont les mutoi. Police et gendarmerie seront bien évidemment présentes non pas pour vous verbaliser mais pour promouvoir les gestes barrières.

Il ne faut pas voir cela comme de la répression, ce n’est pas notre objectif.  Il s’agit de protéger, notamment les plus fragiles. A cet effet, nous étendrons de façon ciblée le port du masque dans les quartiers à risque.

Je le répète, il nous faut protéger nos proches, nos voisins, nos amis et nous-mêmes en renonçant aux rassemblements, en respectant la distanciation physique et en portant un masque dès que cette distanciation n’est plus garantie.

C’est en faisant un travail d’explication auprès de la population que nous parviendrons à ce résultat.

Conclusion

En Polynésie comme ailleurs nous vivons une période difficile mais nous devons garder le cap et poursuivre nos efforts.

Ensemble, unis, nous réussirons à faire face en se protégeant et en protégeant les autres. Il nous faut pour cela pouvoir compter sur l’engagement de tous.

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