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Présentation de la PF

Culture de la Polynésie française

U NE CULTURE MILLÉNAIRE

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La culture polynésienne offre une richesse souvent insoupçonnée et que les dépliants touristiques réduisent trop facilement aux spectacles de danses traditionnelles et aux belles vahinés. La culture traditionnelle perdure ou s'exprime aujourd'hui dans de nombreuses activités, plus ou moins visibles pour un métropolitain.

> La langue (chanson, art oratoire : 'orerorauti tama'i )
> La musique (musique de danse, chanson, instrumentation et mélodies, fabrication d'instruments traditionnels)
> La danse
> L'artisanat (tressage, tapa , etc.) et la construction (tressage, charpenterie, etc.)
> Le tatouage et la supercision
> La gravure et la peinture
> La confection de costumes pour la vie de tous les jours ou d'apparat
> Les sports traditionnels (pirogues, porter de pierre, lancer de javelot, etc.) et le surf
> La navigation et la pêche traditionnelles
> L'agriculture et les concours agricoles
> La religion, dans la mesure où certaines croyances peuvent être recyclées, de façon plus ou moins avouée, dans un culte moderne (syncrétisme religieux)
> Les préparations culinaires et la bringue
> Les remèdes et massages traditionnels
> La toponymie et les légendes, les généalogies, l'astronomie
> Les jeux de ficelle polynésiens, les cerf volants, les échasses, la toupie et autres jeux traditionnels
> La vie politique… (certains hommes politiques sont issus des anciennes dynasties)
> Certaines superstitions, notamment en rapport avec les lieux sacrés, les cimetières, etc.

Pour ce qui est de la langue et contrairement à une idée répandue chez beaucoup de popa'ä (métropolitains, Européens) — popa’a vient de pa’apa’a (qui signifie brûler, avoir la peau brûlée), devenu papa’a , puis popa’a — , on ne parle pas le polynésien, puisqu'il n'y a pas une langue polynésienne unique (mais cette idée n'est pas si fausse si on considère leur grande homogénéité).
Si le français est la langue officielle, le tahitien reste une langue encore usitée. Dans les faits, une partie importante de la population se sert surtout d'une « interlangue», phrases qui commencent en tahitien et se terminent en français, ou l'inverse…
D'autres langues existent dans différents archipels (langue marquisienne, des Australes, parlers des Tuamotu-Gambier). Il faut aussi signaler le parler hakka des Chinois de Tahiti.

Les langues polynésiennes ont toutes en commun la même souche et sont linguistiquement une branche de la famille malayoindonésienne, qui se retrouve jusqu'à Madagascar. Pour un francophone qui veut apprendre le tahitien, certains mots sont très faciles à prononcer comme moana , l'océan (c’est aussi un prénom)… d'autres sont très difficiles, à cause de la présence de h aspirés (comme en anglais) et surtout d'occlusives glottales, comme Heiari'i (pour autant qu'il arrive déjà à rouler les r)…

Les Polynésiens ont également en commun l'amour du chant et de la danse, et un sens inné de la fête, animée au rythme des ukulele , célèbres petites guitares à quatre cordes, d'une fabrication nettement différente selon la technique hawaiienne ou la tahitienne.

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À cela, ils ajoutent un goût très sûr pour la confection de magnifiques costumes de fête et pour les compositions florales. Vous aurez certainement l'occasion d'admirer tous ces talents réunis lors des festivités du Heiva de juillet à août sans interruption, et durant lesquelles concourent les meilleurs groupes de danses et chants traditionnels de toute la Polynésie. Il est à noter que la gestuelle des danses possède une signification précise.
Quant aux himene (oui, c'est le mot hymne introduit par les missionnaires), chants traditionnels, ils racontent des légendes anciennes d'avant l'arrivée des européens. Si vous vous intéressez à la Polynésie ancienne, celle-ci a laissé quelques vestiges, tels que les marae , temples de pierres de forme rectangulaire avec une enceinte, sur lesquels officiaient les prêtres de l'ancienne religion polynésienne qui pouvaient comporter des sacrifices humains. Chaque famille noble (les ari'i ) possédait son marae, mais la plupart d'entre eux ne sont plus entretenus aujourd'hui.
Toutefois, certains ont été mieux préservés et même restaurés. Ainsi, le marae Arahurahu, sur la commune de Pa'ea à Tahiti, constitue un décor de choix pour des reconstitutions historiques grandioses et hautes en couleur. Les plus beaux marae  sont ceux de Maeva sur l’île de Huahine aux îles Sous-le-vent et surtout, le plus célèbre et le plus sacré de tous, est celui de Taputapuatea à Raiatea.

Les Marquises se caractérisent davantage par leurs tiki (statues de pierres) colossaux qui hantent les forêts. Dans tous les cas, si vous vous attardez sur un de ces lieux sacrés, prenez garde à ne pas vous retrouver nez à nez avec quelque tupapa'u (revenant) ! Enfin, il ne faut pas oublier que les Polynésiens sont un peuple de la mer. Celle-ci tient une place de choix dans la culture mais aussi dans les activités sportives. Ainsi, les courses de pirogues de tout acabit (simples, triples, à 8, à 16 (pirogues doubles), pirogues à voile) sont très prisées et donnent lieu à de grandes compétitions, non seulement à l'occasion du Heiva (en juillet july ), mais aussi pour le HawaikiNui, course qui se déroule en octobre ou novembre dans les îles sous le Vent. Le surf (inventé par les anciens polynésiens) est également très pratiqué sur les spots de Teahupo'o, Taharu'u, Papeno 'o ou Ta'apuna sur l’île de Tahiti.

Les autres manifestations traditionnelles ou modernes sont nombreuses et variées : pêche aux cailloux, fêtes religieuses chrétiennes (comme la Toussaint durant laquelle les cimetières reçoivent du nouveau sable et sont illuminés de milliers de bougies la nuit), fêtes chinoises (le nouvel an chinois), expositions artisanales ou florales, etc.

On ne peut clore ce chapitre consacré à la culture polynésienne sans citer quelques personnalités célèbres que la Polynésie a inspirés : le peintre Paul Gauguin (deux musées lui sont consacrés à Papeari et aux Marquises), les écrivains Jack London, Herman Melville, Victor Ségalen, Pierre Loti, James Norman Hall, qui séjournèrent à Tahiti, le chanteur Jacques Brel, qui repose aux Marquises dans le même cimetière que Paul Gauguin, l’explorateur Paul-Emile Victor qui a choisi comme denière demeure l’océan Pacifique au large de Bora Bora…

La culture polynésienne est riche, vivante et variée pour qui prend le temps de la découvrir et de l’apprécier. Un moyen rapide pour vous en convaincre consiste en la visite du musée de Tahiti et des îles, situé sur la commune de Punaauia, à 30 minutes du centre de Papeete.

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H ISTOIRE MODERNE  ET CONTEMPORAINE

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La Polynésie française regroupe les archipels les plus orientaux du Pacifique sud. Leur peuplement s'est effectué à partir des Samoa, à l'ouest, entre 300 ans av. J-C. et l'an 1000. Des mouvements migratoires ont peuplé les autres îles et archipels du triangle polynésien dont les sommets sont l'île de Pâques, Hawaii et la Nouvelle-Zélande.

C'est l'espagnol Mendaña qui est le premier européen à découvrir un des archipels polynésiens (1595). Ce sont les îles Marquises qu'il baptise alors « les îles du marquis de Mendoza». Il faut cependant attendre le dernier quart du XVIIIe siècle pour que l'ensemble des îles prenne peu à peu sa place dans la cartographie. 

L'anglais Wallis aborde Tahiti, qu'il nomme «île du roi Georges III», en 1767.

Bougainville, en 1768, croit en être le découvreur et la nomme «La Nouvelle-Cythère».

James Cook, sur les indications de Wallis, y amène en 1769 une équipe de savants qui ont pour tâche d'observer le transit de la planète vénus. Cook repassa plusieurs fois à Tahiti. Son rôle fut prépondérant dans la montée en puissance de la dynastie des Pomare. Ces derniers vont aussi utiliser les «compétences» de divers marins déserteurs, tels les fameux mutins de la Bounty .

Le 5 mars 1797 arrivent les premiers missionnaires chrétiens, ceux de la London Missionary Society. De leurs débuts difficiles, on peut retenir 3 activités essentielles : leur travail de survie (notamment en faisant le commerce du porc salé avec la Nouvelle-Hollande, c'est-à-dire l'Australie), leur travail linguistique (qui aboutira à la rédaction de lois et à la traduction de la bible en tahitien) et leur influence sur la famille Pomare.

C'est ainsi qu'entre 1818 et 1842, on peut dire que Tahiti est un royaume indépendant dont les lois sont écrites par les missionnaires protestants anglais.

Tahiti est aussi devenu une escale pour les navires baleiniers, ainsi qu'un enjeu politicoreligieux entre la France et le Royaume-Uni. Mais ce dernier, conquérant de la Nouvelle-Zélande, abandonne ses prétentions.

Le champ est libre pour les missionnaires catholiques et la Marine française. La reine Pomare IV accepte le protectorat de la France en septembre 1842. La même année les Marquises deviennent françaises.
À la fin des années 1840, l'action de l'administration française se développe et en 1880 le roi Pomare V fait don de ses États à la France.

La colonie s'appellera désormais «Établissements français de l'Océanie» (EFO). Le déclin démographique, qui avait accompagné l'arrivée des occidentaux, cesse.

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À partir de la fin du XIXe siècle, la colonie vit à son rythme que secouent quelques événements : le bombardement de Papeete par 2 croiseurs allemands le 22 septembre 1914, le départ des «poilus tahitiens», le ralliement à la France-Libre, l'épopée du «Bataillon du Pacifique». La Polynésie est le premier territoire d’outre-mer a avoir répondu à l’appel du 18 juin 1940. Dès septembre 1940 les Polynésiens se sont ralliés au général de Gaulle.

En 1957, les EFO deviennent la Polynésie française et en 1958 la population se prononce par référendum pour le maintien du territoire de Polynésie française dans le cadre français.

L'installation du Centre d'expérimentations du Pacifique, au début des années 60, entraîne le bouleversement du mode de vie traditionnel en faisant entrer le territoire dans la société de consommation de type occidental. L'argent afflue (c'est la “manne” du nucléaire). Il permet de développer les communications (construction d'aéroports, amélioration des infrastructures portuaires et routières, ainsi que du réseau téléphonique…), de promouvoir le tourisme (construction de grands hôtels de classe internationale), d'améliorer les conditions de la vie quotidienne (écoles, protection sanitaire et sociale, confort ménager…). La société polynésienne s'est trouvée en partie déstabilisée par ces changements : abandon des activités traditionnelles (pêche, agriculture…), repli vers le tertiaire non directement productif mais plus rémunérateur, afflux vers l'agglomération de Papeete des populations des îles.

Dans un contexte statutaire fondé sur une très large autonomie au sein de la République, la Polynésie française travaille à la promotion de ses ressources propres (tourisme, perliculture…), de manière à s'assurer un développement économique social et culturel équilibré. Elle tient également à affirmer son rayonnement  au sein du Pacifique insulaire.

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L ES HABITANTS DE  LA P OLYNÉSIE FRANÇAISE  D AUJOURD HUI

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Les résidents d'aujourd'hui sont partagés traditionnellement en quatre principaux groupes ethniques, qui n'ont bien sûr aucun caractère officiel :

Les Polynésiens, qui représentent approximativement deux tiers de la population, sont fortement métissés et sont encore attachés au modèle culturel océanien traditionnel, même s'ils sont aujourd’hui nombreux à avoir adopté un mode de vie à l’occidentale, plus particulièrement à Tahiti et Moorea où résident près de 80 % des habitants du territoire. Ils ne constituent pas pour autant un ensemble homogène et se divisent en groupes ethni ques et culturels différents suivant les archipels.

Les Demis, vocable complexe et discuté couvrant une réalité au départ ethnique (métissage d'où le nom) mais surtout culturelle (adoption du mode de vie occidental). Ils représentent environ un cinquième de la population.

Les Chinois (Tinito), représentent 10 à 15 % de la population. Ils sont arrivés à la fin du XIXe siècle et au début du siècle dernier, pour travailler dans les plantations de coton puis de canne à sucre. Ils contrôlent aujourd'hui une part importante de l'activité commerciale. 

Les Européens (Popa’ä), essentiellement métropolitains (Popa’äfarani ), occupent le créneau d’environ 10 %. Certains d'entre eux ne sont là que temporairement, comme les fonctionnaires et les militaires. Les autres se retrouvent plutôt dans les grandes sociétés, le commerce, les métiers de la santé et de l’éducation.

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Cette division était surtout valable dans les années cinquante mais dans les jeunes générations, il y a de plus en plus de personnes qui appartiennent de fait à plusieurs catégories, voire à toutes…

La religion est encore très présente en Polynésie française. Les croyances ancestrales ont fait place depuis le XIXe siècle au christianisme sous toutes ses formes. Les protestants et les catholiques constituent les communautés les plus importantes, mais elles sont fortement concurrencées par les mormons, les adventistes, les sanitos, les témoins de Jéhovah et les pratiquants de diverses confessions ou règles philosophiques à caractère religieux.

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Il ne faut pas oublier qu'il existe également des cultes non chrétiens : juifs, boudhistes, etc.