Le Commandement de la Gendarmerie pour la Polynésie Française

 

La gendarmerie exerce sa responsabilité de sécurité publique sur 97 % du territoire et 85 % de la population de Polynésie. Pour assurer ses missions, la gendarmerie dispose de 427 militaires et civils permanents, renforcés par 72 gendarmes mobiles et 148 réservistes liés par contrat (ESR). Actuellement 42 % des gendarmes sont originaires de Polynésie française. Bien souvent seuls représentants de l’État dans les territoires insulaires, les gendarmes garantissent l’accès de tous les citoyens aux services de l’administration pour les populations vivant dans les archipels les plus éloignés.

Historique

L’implantation de la gendarmerie en Polynésie française remonte au mois d’avril 1843, avec l’arrivée du maréchal des logis chef Prat accompagnant l’amiral Bruat, qui ont donné leurs noms aux deux casernes de gendarmerie de Papeete. Le premier détachement y fut créé par ordonnance royale du 17 octobre 1846 avec un effectif d’un officier et de 19 sous-officiers. En 1971, le groupement de gendarmerie de Polynésie française devient corps autonome.

Le 1er janvier 1983, une réorganisation affecte la structure même du groupement de gendarmerie de Polynésie française. Outre l’état-major, les services techniques, les unités territoriales et spécialisées, regroupées jusqu’alors sous le commandement d’un même officier, sont désormais réparties en deux compagnies de gendarmerie distinctes: la compagnie des îles du Vent et la compagnie des archipels. Il prend en 2005 l’appellation de «commandement de la gendarmerie pour la Polynésie française».

Son organisation

Le commandement de la gendarmerie pour la Polynésie française comprend un état-major à l’effectif de 111 personnels de tous statuts (1 général, 13 officiers, 67 sous-officiers, 11 gendarmes adjoints volontaires (GAV) et 19 personnels civils), qui supervise un Bureau du personnel, un Bureau Soutiens et Finances, un Bureau Opérations et Emplois et un Centre Opérationnel et de Renseignement de la Gendarmerie (CORG) fonctionnant 24 heures sur 24 qui recueille les appels d’urgence (17) et supervise les interventions.

Les formations opérationnelles subordonnées au COMGEND sont multiples :

La compagnie des îles du Vent (5 officiers, 110 sous-officiers, 13 GAV soit 128 militaires).
Cette compagnie qui a pour zone de responsabilité Tahiti, Moorea-Maiao, Mehetia et Tetiaroa, compte huit brigades territoriales (Faa’a, Punaauia, Paea, Papara, Taravao, Tiarei, Arue, Moorea-Maiao), un peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) et une brigade de recherches.

La compagnie des Archipels (2 officiers, 69 sous-officiers dont 2 du corps de soutien et 10 GAV, soit 81 militaires).

Elle se compose de quinze unités réparties dans les îles Sous-le-Vent (Raiatea, Huahine, Tahaa, Bora Bora), les Marquises (Ua Pou, Hiva Oa, Nuku Hiva), les Australes (Ruru- tu, Raivavae, Rimatara, Tubuai), les Tuamotu (brigade des Tuamotu centre, Hao, Rangiroa) et les Gambier (Rikitea).

La brigade des Tuamotu-Centre, singulière dans son fonctionnement, est implantée à Papeete et exerce sa compétence sur l’ensemble de l’archipel des Tuamotu à l’exclusion des atolls appartenant aux circonscriptions des brigades de Rangiroa et de Hao.

Les unités spécialisées

Parmi ces unités, on trouve :

  • la brigade nautique de Papeete (BN) et ses plongeurs autonomes ;
  • la brigade motorisée de Faa’a (BMO) ;
  • la brigade de gendarmerie des transports aériens de Tahiti-Faa’a (BGTA) ;
  •  la Section d’Appui  Judiciaire (SAJ) ;
  • La Maison de Protection des Familles (MPF);
  • la Section Opérationnelle de Lutte contre les Cybermenaces (SOLC).

Unité créée le 1er janvier 2021, la MPF est une équipe pluridisciplinaire de 11 personnels : 5 sous-officiers spécialement formés, 1 gendarme adjoint volontaire, 2 intervenantes sociales de la gendarmerie (ISG), 3 réservistes fidélisés, 1 service civique. Cette unité œuvre sur 3 types de mission : prévention en milieu scolaire, suivi et accompagnement de toutes les victimes de violences intrafamiliales et enquête sur les affaires de violences intra-familiales sensibles. Les ISG ont été mise en place grâce au Fond Inter-ministériel de Prévention de la Délinquance (FIPD) accordé par le Haut-commissariat de la Polynésie. Celles-ci sont chargées d’accueillir, de conseiller et d’orienter les victimes d’infractions pénales et les personnes en détresse. Leur rôle est déterminant dans la prise en charge des victimes de violences conjugales.

L’antenne GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale)

L’AGIGN comprend 36 militaires, soit 2 officiers et 34 sous-officiers de la gendarmerie répartis en deux pelotons d’interventions outre-mer (PIOM). Cette unité dispose également d’une capacité spécifique blindée. Elle intervient au profit de la section de recherches, des compagnies des Îles du Vent et des Archipels dans le cadre d’affaires judiciaires et participe aux opérations déclenchées à l’occasion de certains événements graves nécessitant des technicités particulières dans le domaine de l’intervention (arrestations domiciliaires, neutralisation de forcenés, opérations de recherche de plantations de cannabis, transfèrements judiciaires). Les militaires de cette unité assurent également des missions de maintien de l’ordre et de secours en montagne. Ils ont un rôle capital en matière d’intervention antiterroriste. De ce fait, ils subissent un entraînement exigeant pour faire face efficacement à une attaque de ce type.

La Section de Recherches (SR)

Placée directement sous l’autorité du commandant de la gendarmerie pour la Polynésie française, la SR est spécialisée dans les enquêtes de police judiciaire complexes et/ou sensibles (affaires criminelles, infractions économiques et financières complexes, criminalité organisée, trafic de stupéfiants).  Unité constituée de 2 officiers et 11 sous-officiers elle est compétente sur l’ensemble du territoire polynésien et se projette sur les archipels dès qu’une affaire sensible le nécessite. Cette unité entretient d’étroits partenariats avec les services d’investigation des autres États du Pacifique.

L’Antenne de l’office anti-stupéfiants gendarmerie et la Cellule de renseignement opérationnel sur les stupéfiants. (OFAST/CROSS)

Créée le 1er octobre  2020 , dans le cadre d’une réforme nationale de la lutte anti-stupéfiants, la CROSS de Polynésie Française a pour objectif de constituer un point d’entrée unique de tous les renseignements et signalements en matière de stupéfiants. Cette cellule associe la gendarmerie, la police nationale, les douanes, la police aux frontières et l’antenne OFAST sous l’autorité conjointe du Haut-commissaire et du procureur de la République. Composée de 2 effectifs (1 gendarme et 1 policier) elle travaille en étroite collaboration avec l’OFAST, créée le 1er janvier 2021 et armée de 4 personnels (1 officier et 3 sous-officiers de gendarmerie), qui est plus particulièrement chargée des enquêtes judiciaires relatives à la législation sur les stupéfiants (criminalité organisée, trafic de stupéfiants local, national et international en relation avec les autres services anti-stupéfiants des pays concernés par les stupéfiants importés sur le Fenua).  

Le Groupe Interministériel de Recherches (GIR)

Réunissant les services de la gendarmerie et de la police nationale, le GIR relève hiérarchiquement du commandant de la gendarmerie pour la Polynésie française et de la double tutelle du procureur général près la cour d’appel de Papeete et du haut-commissaire de la République. La structure permanente à l’effectif de cinq personnels est dirigée par un officier supérieur de la gendarmerie, chef du groupe, secondé par un officier de police. La mission du GIR est de lutter contre l’économie souterraine et les différentes formes de délinquance organisée qui l’accompagnent.

L’Escadron de Gendarmerie Mobile :

Cette unité de 72 militaires participe, hors maintien de l’ordre, à la lutte contre l’insécurité quotidienne en renforçant les unités territoriales et en mettant sur pied un détachement de surveillance et d’intervention. Ces militaires interviennent également dans les transfèrements judiciaires. L’escadron est déplacé sur le territoire pour une durée de trois mois.

Les réservistes

Les 148 réservistes volontaires sont régulièrement appelés pour renforcer les unités de terrain ou l’état-major du COMGEND (centre opérationnel et de renseignement activation d’un PC opérationnel en cas de crise…). En 2020, ils ont ainsi effectué 2088 jours d’engagement au profit des unités du COMGEND.

Ses missions

Les formations de gendarmerie en Polynésie française réalisent différentes missions.

Il s’agit notamment :

¬ du contact avec la population, de la surveillance de la voie publique et des interventions sur appel au 17 ;

¬ de l’exercice de la police judiciaire ;

¬ de la lutte contre l’insécurité routière ;

¬ de la police administrative et militaire et de nombreuses actions à caractère préventif (protection des mineurs, des victimes, de l’environnement…). Ces missions sont conduites en coopération étroite avec les polices municipales ;

¬ de leur contribution à la mission de renseignement ;

¬ de la gestion de crise.

Les missions annexes

La gendarmerie assure dans certaines îles des fonctions annexes. Les gendarmes peuvent se voir confier des tâches aussi nombreuses que variées définies par une convention signée entre le Haut-commissaire et le Président de la Polynésie française : huissier, notaire, examinateur de la capacité de conduire…

Coordonnées

Avenue Pouvana’a a O’opa

Tél.: (689) 40 46 73 02
Fax: (689) 40 46 73 50

www.gendarmerie-polynesie.pf

www.gendarmerie.interieur.gouv.fr

www.defense.gouv.fr/gendarmerie

Commandant la gendarmerie pour la Polynésie française : Général Frédéric SAULNIER