Le dernier survivant du Bataillon du Pacifique et combattant polynésien de la seconde guerre mondiale nous a quitté

Mis à jour le 20/10/2023

Ari Wong Kim s'est éteint dans son sommeil, dans la nuit du 18 au 19 octobre, à l’approche de ses 100 ans.

Ari WONG KIM naît le 16 janvier 1924, à Papeete. Il n’a que 16 ans lorsque, le 2 septembre 1940, en réponse à l’appel historique du Général de Gaulle à poursuivre le combat, la Polynésie française proclame son ralliement à la France Libre.

Se présentant au centre de recrutement, il parvient à s’engager, sans mentionner son âge, pour toute la durée de la guerre, sous le statut de volontaire, le 16 septembre 1940.

Incorporé à la compagnie autonome d'infanterie coloniale (CAICT) de Tahiti, son contingent part au mois d’avril 1941 pour la Nouvelle-Calédonie puis pour l’Australie où le bataillon du Pacifique est officiellement formé, équipé et instruit. Le 31 juillet 1941, Ari WONG KIM et ses camarades débarquent en Palestine avant de rejoindre l’Egypte, le 31 décembre 1941, pour leur baptême du feu.

A partir du mois de janvier 1942 et jusqu’à sa démobilisation, Ari WONG KIM participe aux épisodes militaires les plus glorieux de l’histoire des Forces françaises libres. En première ligne, il est de tous les combats de la 1ère Brigade puis de la 1ère DFL placée sous le commandement du général KOENIG.

En mai et juin 1942, il prend part, en Libye, à la bataille de Bir Hakeim durant laquelle il est chargeur d’un canon de 75 monté sur un camion. Sa mission est de reconnaître les positions ennemies, de les harceler et de ralentir la progression des troupes italiennes et allemandes. Combattant à 1 contre 10, il participe en juin 1942 à la défense de la position de Bir-Hakeim ainsi qu’à l’épisode connu sous le nom de « sortie de vive force » qui permet, de nuit, d’évacuer la position et de rejoindre les lignes britanniques sous le feu incessant des troupes allemandes.

Quelques semaines plus tard, en octobre 1942, Ari WONG KIM est engagé à El Alamein dans la bataille décisive qui marque le début de la défaite de l’Axe en Afrique.

En 1943, il est participe aux campagnes de Tripolitaine puis de Tunisie. Le 20 avril 1944, il débarque enfin en Italie, à Naples et où il prend part aux combats de Garigliano. Le 12 mai 1944 il y est blessé par un éclat de mortier. Cité à l’ordre de la division, il reçoit la Croix de guerre avec étoile d’argent.

Le 17 août 1944, il débarque à Cavalaire et prend part à la reconquête de la France métropolitaine. Il est blessé une seconde fois à la Garde le 22 août 1944. Réintégré à son unité, il participe enfin aux très durs combats de la campagne des Vosges durant le mois de septembre 1944. Dirigé finalement sur les arrières, il intègre la garde du gouverneur militaire de Paris en novembre 1944 et ce, jusqu’en septembre 1945.

De retour à Papeete le 13 janvier 1947, il est démobilisé le 14 mars, après sept années passées sous l’uniforme glorieux des Français Libres du Bataillon du Pacifique. Sur les 300 volontaires du Bataillon du Pacifique, 75 sont morts pour la France durant la Seconde guerre mondiale et Monsieur WONG KIM était le dernier survivant de ces volontaires hors du commun.

Sources : ONACVG d’après le mémoire de proposition pour la légion d’Honneur rédigé par le directeur du service départemental du Calvados M. Thomas POUTY