Portrait de Maître Flavie

Mis à jour le 03/09/2019

Maître Flavie, Officier marinier militaire des forces armées en Polynésie française - JRCC Tahiti

 

Quand as-tu commencé à travailler dans les services publics de l’État ?

Je me suis engagée dans la Marine nationale en 2006.

Peux-tu  nous raconter ton parcours ?

Après 2 ans à la Faculté de droit de Lille, je me suis engagée en signant un contrat de 10 ans. J’ai passé 6 mois à Lanvéoc (à côté de Brest), à l’école de Manœuvre et de Navigation, pour suivre une formation de Guetteur Sémaphorique, puis j’ai été affectée au sémaphore de Fécamp en Normandie.

Un sémaphore permet de surveiller les approches maritimes. Il participe à la sûreté du trafic, à la lutte contre la pollution et les trafics illicites et également aux opérations de sauvetage. Le littoral français est jalonné par environ 60 sémaphores ayant chacun un secteur maritime défini.

En septembre 2010, j’ai rejoint le sémaphore de Port en Bessin (en Normandie toujours) jusqu’en 2014 où je suis retournée à l’école de Manœuvre de Navigation de Lanvéoc pour intégrer le cours de Brevet Supérieur (BS). Cette formation permet d’accéder à des responsabilités supérieures et notamment encadrer des équipes ou former du personnel…

En avril 2014, j’ai été affectée, en qualité de chef de quart, au CROSS Méditerranée (Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage de Méditerranée) qui coordonne le secours en mer Méditerranée.

Les différentes missions du CROSS sont la recherche et le sauvetage en mer, la surveillance de la navigation maritime, la surveillance de la pollution et la diffusion des renseignements de sécurité maritime tels que la météo, les Avis Urgents à la Navigation…

En 2015, je suis devenue militaire de carrière.

C’est en septembre 2018 que j’ai été affectée au JRCC Tahiti (Joint Rescue Coordination Center), qui est le Centre de coordination de sauvetage aéro maritime de Polynésie française. Il est placé sous l’autorité du Haut-commissaire de la République et dirige toutes les opérations de recherche et de sauvetage aéronautiques et maritimes dans une zone couvrant plus de 12.5 millions de km2.

Qu’est-ce qui te plaît dans ton métier ?

Ce qui me plaît dans mon métier, c’est de participer à la chaîne de secours en mer et d’en être le premier maillon. On reçoit les alertes de détresse et on coordonne l’opération jusqu’à ce que les personnes soient secourues et/ou que le navire/flotteur soit mis en sécurité. On travaille avec de nombreuses administrations ainsi que les Forces armées de Polynésie française.

Le travail d’équipe est quelque chose d’essentiel pour moi.

Il n’y a pas de routine. Chaque opération est différente. C’est gratifiant de se dire que l’on a un peu participé à sauver des vies même si malheureusement, quelquefois, cela se termine mal. 

Peux-tu nous décrire une journée type ?

Nous assurons une veille 24h/24h et 7 jours sur 7 au JRCC avec une équipe de 8 chefs de quart. Ma journée type dure souvent 48 heures.

On se tient prêt à réceptionner une alerte de détresse et anticiper l’engagement des moyens. Lorsqu’une opération de secours se déclenche, on analyse la situation puis on trouve le moyen le plus approprié afin d’intervenir au plus vite et dans les meilleures conditions.

Je mets à profit le temps disponible pour préparer la relève et les consignes, mettre à jour les bases de données….

Selon toi qu’est-ce qu’une femme peut apporter en plus dans ton domaine d’activité ?

Selon moi, ce qu’une femme peut apporter en plus est, peut-être, une certaine sensibilité.

Le contact humain est parfois plus simple avec une femme, surtout dans une situation critique pendant une opération, lorsqu’il s’agit de parler avec des naufragés ou des témoins/membres de la famille des personnes en difficulté. Les gens se sentent souvent plus à l’aise avec une femme et peuvent répondre plus facilement aux questions.

Je travaille dans un monde d’hommes, même si aujourd’hui il y a de plus en plus de femmes. Il faut savoir s’imposer et se faire respecter. L’expression « une main de fer dans un gant de velours » est tout à fait appropriée dans le milieu militaire même si je n’ai jamais eu de soucis d’intégration dans ma carrière.

J’aurais même du mal à travailler dans un milieu 100% féminin.

Où tu te vois dans 10 ans ?

J’adore mon métier et j’avoue que je n’ai pas vraiment réfléchi à ma reconversion.

J’ai encore le temps pour cela, mais pourquoi pas passer un concours de la fonction publique.