Défense

Les forces armées en Polynésie française

 

Commandant supérieur des forces armées en Polynésie française : Contre-Amiral Jean-Mathieu REY

Tahiti : Principales implantations militaires

La partie nord de l’île de Tahiti concentre l'essentiel des implantations militaires, dont le Commandement supérieur des Forces armées en Polynésie française, l'état-major interarmées, les directions et les trois composantes (terrestres, maritimes et aériennes). Le champ de tir du Faaone et le dépôt de munitions de Papeari sont plus au sud. L'île est constituée de deux volcans de tailles inégales reliés par l’isthme de Taravao. Le plus au nord, appelé Tahiti nui (Tahiti la grande) est aussi le plus grand avec 35 km de diamètre. Il culmine au mont Orohena à 2241 m. Cette partie de l’île de Tahiti concentre l’essentiel de la population et des activités, y-compris militaires.

Plus au sud, Tahiti iti (Tahiti la petite), appelée plus communément «la presqu’île», fait 15 km de diamètre et culmine à 1332 m au mont Roonui. Elle ne comporte que très peu d’agglomérations. En dehors de l’île de Tahiti, les implantations militaires sont réduites à celles du RSMA aux Marquises, à Hiva Oa, ainsi qu’aux Australes à Tubuai.   

Le commandement supérieur des Forces armées en Polynésie française [COMSUP]

Le commandant supérieur des forces armées en Polynésie française relève directement du chef d’état-major des armées.
Il exerce les fonctions de commandement opérationnel sur l’ensemble des formations des trois armées, sur les directions et services de soutien, basés en Polynésie française. Il a autorité partagée sur le groupement du service militaire adapté.

Par ses responsabilités territoriales, le COMSUP est l’interlocuteur direct et le conseiller du Haut-Commissaire pour toutes les questions relatives à la défense.
Il dispose d’un adjoint interarmées à qui il confie, à titre permanent, la coordination et le pilotage des soutiens et des grandes fonctions transverses et qui assure les responsabilités de haute autorité de défense aérienne.
Outre ses responsabilités de commandement sur les forces armées, directions et services en Polynésie française, l’amiral est également le commandant de la base de défense de Polynésie française (COMBdD), commandant de la zone maritime du pacifique (ALPACI), commandant de la zone maritime de Polynésie française et commandant du centre d’expérimentations du Pacifique (COMCEP).

 Rappel historique

La présence militaire française en Polynésie augmente à partir de 1963, avec la décision du gouvernement de déplacer sur des atolls des Tuamotu les expérimentations nucléaires jusque-là menées dans le Sahara.

Les essais se déroulent en atmosphère à Moruroa et à Fangataufa de 1966 à 1974, puis sur les mêmes sites mais en milieu souterrain à partir de 1975, sans interruption jusqu’à la suspension décidée en avril 1992 par François Mitterrand alors président de la République. Après une dernière série de six essais ordonnée par le président Jacques Chirac entre le 5 septembre 1995 et le 27 janvier 1996, l’arrêt des expérimentations nucléaires est décidé. Les sites sont alors complètement démantelés.

Toutefois, un détachement de surveillance est mis en place sur l’atoll de Moruroa. Cette mission de surveillance est d’abord confiée au 5e Régiment étranger (RE) de juillet 1998 à janvier 2000.

Depuis cette date, elle est assurée par le Régiment d’infanterie marine du Pacifique-Polynésie (RIMaP-P). Avec la dissolution du 5e RE et la fermeture de la base «Centre d’expérimentations du Pacifique» (CEP), située sur l’atoll de Hao, en juin 2000 (actuellement en cours de réhabilitation), l’épopée du nucléaire français dans le Pacifique s’est achevée. Aujourd’hui, le format s’adapte au contexte pour remplir les missions de souveraineté, de protection, d’assistance, et également de la présence française dans le Pacifique.

Le commandement supérieur des Forces armées en Polynésie française, situé sur la caserne lieutenant-colonel Félix Broche à Arue, dirige tous les moyens militaires stationnés en Polynésie française. Cela regroupe l’ensemble des formations des trois armées, ainsi que les directions et les services. Placé sous les ordre d’un officier général de la marine nationale, du grade de contre-amiral, ce commandement assure la réalisation de nombreuses missions liées à ses différentes fonctions, dont la première est commandant supérieur des Forces armées en Polynésie française (COMSUP).

 L’Amiral COMSUP est également commandant des zones maritimes de Polynésie française et du Pacifique (ALPACI), commandant de la base de défense de Polynésie française(COMBdD) et commandant du centre d’expérimentations du Pacifique (COMCEP).

Pour exercer ses fonctions l’Amiral dispose de deux adjoints directs :

  • l’adjoint interarmées, officier supérieur (colonel) de l’armée de l’air ;
  • le chef d’état-major interarmées, officier supérieur (colonel) de l’armée de terre.

En outre, afin de mener toutes ses missions, l’amiral s’appuie sur la Direction du commissariat d’outre-mer et du groupement de soutien de la base de défense de Polynésie française (DICOM - GSBdD), la direction de l’infrastructure de la Défense (DID), la direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI), et la direction interarmées du service de santé des armées (DIASS).

Les missions des forces de souveraineté

 Elles consistent pour l’essentiel :

  • à protéger les intérêts de la France et à affirmer la présence de la France dans le Pacifique ;
  • à manifester et à garantir la souveraineté française sur les 5030 000 km2 de la zone économique exclusive (ZEE) de Polynésie française et sur les cinq archipels ;
  • à soutenir dans toute la ZEE la collectivité dans l’exercice de ses compétences ;
  • à assurer des missions de service public, notamment dans le cadre de la police des pêches, du secours aux populations et aux naufragés, ou encore de lutte contre les pollutions marines. L’amiral est conseiller du Haut-commissaire, qui est délégué du Gouvernement pour l’Action de l’État en mer ;
  • à assurer, au titre du COMCEP, la surveillance radiologique, biologique, et géomécanique des anciens sites d’expérimentations et à en contrôler l’accès.

Les moyens des forces de souveraineté

Pour remplir ses missions, l’amiral dispose d’un état-major interarmées, implanté sur la caserne lieutenant-colonel Félix Broche à Arue, qui planifie et conduit les missions des différentes composantes, terrestres, maritimes et aériennes, auxquelles peuvent s’adjoindre, dans certaines circonstances, le personnel militaire du RSMA-PF (catastrophes naturelles en particulier) ou de la gendarmerie nationale (missions de défense opérationnelle du territoire).

La composante terrestre

La composante terrestre des FAPF est constituée par le Régiment d’infanterie de marine du Pacifique-Polynésie (RIMaP-P), stationné au quartier Lieutenant-colonel Broche à Arue.

Le RIMaP-P intervient notamment pour des missions :

  • de protection défense des emprises militaires ;
  • d’intervention au profit des populations à la suite de catastrophes naturelles ;
  • de présence dans les îles et atolls de Polynésie (souveraineté – missions Taamuraa), au cours desquelles il met à jour les fiches atoll, et peut être amené à réaliser des chantiers d’utilité publique avec les mairies ;
  • de surveillance et d’entretien du site de Moruroa ;
  • de coopération et d’échanges avec les armées étrangères.

Le RIMaP-P est composé de deux compagnies Proterre (protection terrestre), en mission de courte durée (MCD - 4 mois), d’une compagnie de commandement et de logistique et d’une compagnie de réserve opérationnelle (composée principalement de Polynésiens).

La composante maritime

La composante maritime, stationnée sur la base navale de Fare Ute à Papeete, s’articule essentiellement autour de bâtiments de différents types :

  • frégate de surveillance Prairial(avec hélicoptère Alouette III) ;
  • bâtiment de soutien et d’assistance outremer Bougainville (à double équipage) ;
  • patrouilleur Arago ;
  • remorqueurs portuaires côtiers Maniniet Maroa ;
  • patrouilleur de gendarmerie maritime Jasmin.

La composante aérienne

La composante aérienne comprend des unités de l’armée de l’air et de la Marine nationale, regroupées au sein du Groupement aéronautique militaire (GAM) de Faa’a, placé sous l’autorité d’un officier supérieur de la marine nationale, dénommé COMAERO (commandant aéronautique).

Les moyens de l’armée de l’air sont rassemblés au sein du détachement Air 190 (DA 190) qui comporte deux unités :

  • l’escadron de transport 82 «Maine», équipé de deux avions tactiques CN235-200 CASA ;
  • l’escale aérienne militaire 1D190, qui assure le traitement des passagers et de tout le transport logistique, ainsi que l’accueil et la manœuvre des aéronefs militaires extérieurs (français ou étranger).

Les moyens de la force d’aéronautique navale :

  • la flottille 25F, dont le commandement est implanté au sein du groupement aéronautique militaire de Faa’a, dispose de cinq avions de surveillance maritime Falcon 200 Gardian, dont deux sont détachés à La Tontouta en Nouvelle-Calédonie ;
  • un détachement de la flottille 35F, qui met en œuvre deux hélicoptères Dauphin N3+, dits «interministériels» en raison du partage des missions ;
  • un détachement de l’escadrille 22S, dont l’hélicoptère Alouette III est embarqué sur la frégate de surveillance Prairial.

Les directions et les services

Les directions ont pour mission d’assurer le soutien des Forces armées en Polynésie française dans tous ses aspects.

Il y a 4 directions en Polynésie française :

  • DICOM-GSBdD (soutien de l’homme, administration, hébergement, matériels…) ;
  • DID (infrastructure, CRSD) ;
  • DIRISI (transmissions, systèmes d’information, informatique) ;
  • DIASS (soutien sanitaire, santé).

Ces directions sont complétées par différents services ou unités spécifiques, comme le CIRFA (Centre d’information et de recrutement des Forces armées), le CSN (Centre du service national), le CASOM (service social), DLSEA (essences), ou encore le Shom (service hydrographique de la Marine), etc.

Coordonnées

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